TÉMOIGNAGES








Roger Paquin 
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Roger Paquin

Charles Daudelin (5e à partir de la gauche) entouré de son groupe d’étudiants à l’École de beaux-arts en 1966 probablement. Roger Paquin est le dernier à la droite de la photo
Photographe inconnu, épreuve à la gélatine argentique, source : Archives Charles et Louise Daudelin
En 1965, je fais la connaissance de Charles Daudelin qui est professeur à l’École des beaux-Arts de Montréal dans la section arts intégrés.*  Le terme de « professeur », selon ses propres dires, ne lui convient pas tout à fait. Il se voit plutôt comme un guide soucieux de faire partager l’expérience acquise dans ses réalisations d’intégration à l’architecture. Il veut provoquer l’éveil à tous les possibles, raffiner les sensibilités et croire, malgré les contraintes de toutes sortes, que la beauté peut s’installer partout et devenir source de motivation dans la recherche du beau, du vrai et du bien.
 
L’année suivant, je termine mon cours à l’École des beaux-Arts mais garde contact avec Monsieur Daudelin. Nous nous retrouvons au cours des années 1967, 1968 et 1969. Je travaille alors avec lui comme assistant, en quelque sorte, sur divers projets :  Polypède pour l’Expo ’67, la sculpture pour la Place des Arts (Montréal) et plus particulièrement pour celle installée devant le Centre national des arts à Ottawa. Je suis donc souvent à l’atelier qu’il loue à L’Anse-à-l’orme à quelques kilomètres de chez lui ou encore à son magnifique atelier au cœur d’un immense jardin à Kirkland. C’est à cette époque que je fais la connaissance de sa femme Louise et de la famille. Quels beaux souvenirs, je garde de cette période et de ce couple accueillant et chaleureux!
 
Charles Daudelin et Roger Paquin en 1968 lors de la fabrication de la maquette pour le centre national des Arts à Ottawa
Photo : Hugh Frankel
Quelques temps plus tard, j’ai de nouveau l’occasion de collaborer à la préparation de petites pièces qui vont servir à une maquette pour la station de métro Langellier. Puis mon emploi à Radio-Québec et mes projets personnels font en sorte que je ne peux continuer ce qui est, non seulement un travail, mais aussi un apprentissage. Cependant, Monsieur Daudelin et moi demeurons en communication.
 
Au mois d’octobre 1997, je le retrouve à Québec lors de la rétrospective de ses œuvres au Musée à Québec et en mai 2000 à la Place Bonaventure à Montréal dans le cadre du Salon international du design d’intérieur de Montréal à l’occasion duquel eut lieu le dévoilement de huit sculptures dont un agrandissement monumental de Femme accroupie. Ce fut notre dernière rencontre. J’en garde un souvenir émouvant!
 
Charles Daudelin est un homme aimable et courtois, à la voix chaude, au débit lent et posé, cherchant toujours le mot approprié ou l’expression la plus juste pour bien rendre sa pensée. Un homme généreux qui, malgré les incertitudes inhérentes au métier d’artiste, ne craint pas d’avoir cinq enfants avec Louise, son amoureuse et sa précieuse collaboratrice de tous les instants. Occupé à assurer le bien-être de cette belle famille, il n’en est pas moins un artiste doué et polyvalent. Tout l’inspire! Une production abondante et diversifiée témoigne de son immense talent et de son intarissable capacité créatrice.
 
Charles Daudelin assis en compagnie de Roger Paquin, Louise Daudelin et Éric Daudelin (à l’avant plan à droite) en 1968 lors de la fabrication de la maquette pour le centre national des Arts à Ottawa
Photo : Hugh Frankel
Artiste... peut-être pas selon lui. Il se perçoit plutôt comme un artisan. L’aspect manuel de son travail nourrit son œuvre. Un effet inattendu en cours d’exécution lui indique une nouvelle direction. C’est ainsi que lors de la construction de l’imposant modèle en polystyrène pour la sculpture du Centre national des arts à Ottawa, il expérimente à partir de blocs de polystyrène inutilisés et récupérés par nos soins, des essais de découpage au fil chauffant qui donneront naissance à de nouvelles pièces très différentes. Mais toutes portent la marque de Daudelin et restent en lien avec ses sources d’inspiration. John Porter dit de lui qu’il est un « butineur ». Il ne craint pas d’aller dans toutes les directions, d’exploiter toutes les avenues possibles. Mais toujours l’œuvre qui naît porte sa marque et s’affirme comme étant un Daudelin.
 
Artiste doué et polyvalent, aimable et courtois, amoureux de Louise, de sa famille, et de la vie, homme et artiste d’exception qui avait encore beaucoup à dire, tel est le souvenir que je conserve de Charles Daudelin.
 
Roger Paquin
Sculpteur et ancien étudiant de Charles Daudelin
 
* Charles Daudelin est en fait le créateur de cette section arts intégrés. 
 
     
 
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