NOTES BIOGRAPHIQUES








La vie commence à Granby 
L’antigang 
Une présence discrète en galerie 
Un œil d’architecte 
L’art public : une réponse au doute 
En commençant par la fin 

Un œil d’architecte

UN ŒIL D’ARCHITECTE OU LE COMPAS DANS L’ŒIL DE L’ARTISTE

Construire son environnement
Maquette de la chapelle de la résidence Notre-Dame-de-la-Providence vers 1975 — la chapelle est inaugurée à Montréal en 1976
Photographe inconnu, diapositive 35 mm Source : Archives Charles et Louise Daudelin
Très tôt, Charles Daudelin rêve de construction d’habitations. Il est adolescent lorsqu’il fabrique à échelle réduite sa première maison avec ses pièces, ses meubles et ses tapis. Il a d’ailleurs aménagé sa chambre chez ses parents pour en faire un environnement à son goût. Il fabrique aussi quelques meubles. Plus tard, il dessinera les maisons qui peuplent son imaginaire en rêvant d’en construire une un jour à la campagne. Fait à noter, l’école d’architecture fait à l’époque partie de l’École des beaux-arts. Comme quoi le lien entre les deux modes d’expression se fait avant tout dans la pensée de Daudelin.
 
C’est encore une fois fasciné par l’architecture que, tout juste débarqué à Paris, il part avec Louise sur les traces des constructions de Le Corbusier, dont le couple vient d’acheter un ouvrage en quatre volumes qui traite de l’ensemble des réalisations de l’architecte.
 
Il attendra cependant son retour au Québec pour réaliser ses plans. Les loyers étant trop élevés dans la métropole, les Daudelin optent pour la campagne et achètent un terrain de leur ami Réal Benoît dans la paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire, devenue ville de Kirkland en 1961.
 
Charles au début des années 1950 devant la maison qu’il vient de construire dans la paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire, qui deviendra Kirkland en 1961
De leur amitié avec Charles Elliott Trudeau naîtra la maison de la famille Daudelin. Ce dernier, qui fait partie du bureau d’architectes Rother, Bland et Trudeau, dessinera généreusement les plans de la future maison, qui abritera également l’atelier de l’artiste. Cette collaboration avec ce cabinet n’est pas une première puisqu’un an auparavant, Daudelin avait été invité à réaliser, à la demande de celui-ci, deux murales de neuf pieds sur dix-huit pieds pour la Taverne Peel, ainsi que deux reliefs pour les murs extérieurs d’un projet d’habitation à Côte-Saint-Luc. Les deux projets ont vu le jour à Montréal en 1949.

C’est donc au cours de cette année 1949 que s’amorce entre le sculpteur et l’architecte une collaboration qui va devenir féconde et que commence le travail d’intégration à l’architecture de celui qu’on qualifiera plus tard de pionnier de l’art public. Durant pratiquement 50 ans, Charles Daudelin mettra son œil d’artiste au service de la cité et de la rue, que ce soit dans le métro, dans les parcs, les squares ou les églises. Et son attachement pour l’architecture, voire sa relation privilégiée avec elle, ne se démentira jamais. Pas plus d’ailleurs que son goût jamais assouvi de construire, d’agrandir son habitat comme sa sculpture. À quatre occasions au moins, des modifications significatives seront apportées à cette maison construite de ses mains et dessinée à l’origine par Charles Trudeau. Une construction qui, comme sa sculpture, ressemblera à l’homme qui choisit d’habiter une œuvre à l’échelle de ses rêves.
 
 
     
 
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