NOTES BIOGRAPHIQUES








La vie commence à Granby 
L’antigang 
Une présence discrète en galerie 
Un œil d’architecte 
L’art public : une réponse au doute 
En commençant par la fin 

Une présence discrète en galerie

Une question de choix
À aucun moment de sa vie, Daudelin ne se sera attaché très longtemps à une galerie. Cela ne l’empêchera pas d’exposer ses toiles peintes entre 1954 et 1958 à la galerie Denyse Delrue, rue Crescent à Montréal, en 1958; de présenter des gouaches et des sculptures à la galerie Nova et Vetera (au collège Saint-Laurent) en 1964; ni de montrer ses multiples au public à la galerie Godard en 1970 et de reprendre l’expérience trois ans plus tard, en ajoutant de nouvelles sculptures, à la Galerie III à Montréal. Il s’écoulera près de 15 ans avant qu’il expose ses sculptures récentes chez Esperanza, en 1987 et en 1989, et encore près d’une dizaine d’années avant ses deux expositions de 1998 à Québec, à la galerie Madeleine Lacerte, et à Montréal, chez Simon Blais, où nous retrouvons dessins, peintures et sculptures de 1945 à 1998. Daudelin n’aura donc pas imposé sa présence par l'entremise des galeries. Nous le savons, c’est dans l’espace public que le sculpteur laissera sa marque.
Inauguration de la sculpture Hommage à Claude Jutra
Parc Claude-Jutra Montréal 1997
On remarque à l’avant-plan Mme Louise Beaudoin, alors ministre de la Culture et des Communications
 
Plusieurs raisons expliquent ce fait. Il ne se voit pas « produire » en fonction d’une présence régulière en galerie, sans doute parce que de tout temps il a ressenti le besoin d’être utile — ou plutôt, il a craint d’être inutile —, lui qui veut participer à la ville et à la société. Il a l’impression que travailler en fonction d’une galerie, et donc d’acheteurs qui vont posséder une de ses œuvres qui sera exposée dans leur salon, c’est en quelque sorte fonctionner en vase clos. Alors que lorsqu’il conçoit une sculpture pour la rue ou pour un parc, il s’adresse à tout le monde et s’intègre à une équipe, contrairement au strict travail en atelier. En plaçant ainsi sa pierre, il s’intègre lui-même à la construction de la cité.
 
« Mais faire une exposition, tout ça, me touche moins. (…) Et puis, j’ai l’impression que je fais moins des affaires. Autrement, tu as un contrat avec une galerie où tu as un pourcentage. Et je me sens ridicule dans un vernissage. »
 
Il s’agit vraiment pour lui d’une manière d’être comme il l’explique en ces mots : « Je mène une vie relativement simple. Il y a en peut-être qui ne pensent pas ça, mais je ne suis pas sûr que tu puisses rester simple, vraiment simple quand tu travailles avec une galerie. J’ai l’impression que vite tu te laisses prendre et, sans qu’on t’appelle un artiste, toi, tu penses que tu l’es. Je trouve cela un peu plat. Ça me convient moins*. »
 
Le besoin de se sentir utile, de faire corps avec la société puis le désir de travailler avec d’autres à un projet commun le conduisent à une conception de son métier qui a parfois peu de lien avec l’image traditionnelle que l’on se fait de l’artiste associé à une galerie qui le représente.
 
Mais peut-être ses choix sont-ils en bonne partie nés d’un goût constant de construire et d’un intérêt marqué pour l’architecture.
 
* Transcription de l’interview que Charles Daudelin a accordé à Gilles Hénault dans le cadre de l’émission
  L’Atelier, diffusée sur les ondes de la radio de Radio-Canada le 31 mars 1981.
 
     
 
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